Arts Plastiques Art contemporain - Exposition
Marie-Odile Biry-Fétique
"Paysages intérieurs"
Date
Du 01/09/2010 à 12h00 au 31/12/2010
Vernissage le 17/09/2010 à 18h00
Horaires, dates et informations particulières
du mercredi au samedi de 14à 19h
Tarifs
Entrée libre dans la limite des places disponibles
Description
Depuis toujours je fais des images, toutes sortes d’images. La peinture, le dessin, la photographie constituent pour moi une sorte de «réserve naturelle » où se déploie ma fantaisie.
Jardins désertés, champs de tournesols ensauvagés, montagnes, rivières sont mes lieux d ‘élection: des zones de « nature libre » comme Freud nommait naguère le domaine de l’imagination …
Je ne peins pas sur le motif mais d’après… je ne le découvre pas, j’éprouve sa présence comme une sorte d’instantané du souvenir : tel un chasseur de papillons, je pars souvent dans mes pérégrinations armée d’un polaroïd qui me permettra de le fixer à son lieu d’origine : toujours déjà image. Mais parfois, c’est la peinture qui m’attend: les broussailles anticipent le fusain et ses lacis de bois brûlé, des taches de mûres au sol provoquent une envie de dripping garance.
Elle m’arrête aussi parce que retrouvée de l’autre: « Tiens on dirait un Corot ! »
Mais dresser une carte des influences et des affinités serait chose ardue. Le retour à l’atelier sera le temps de l’incorporation spéculaire du monde.
« Puisque la joie m’est venue par la contemplation, le retour de la joie peut bien m’être donné par la peinture » (Françis Ponge).
Une négociation s’engagera entre tous ces ressentis, ces bribes d’images erratiques et leur représentation. Parfois le passage se fera en douceur, avec tendresse ( le terme italien de morbidesse conviendrait mieux ), d’autres fois, il s’agira d’une véritable disputatio. La question de la limite, du bord, incarne bien ces dilemmes, certains motifs fluctuant dans le blanc de la page, d’autres s’accommodant de l’autorité du châssis.
Les images y constituent un monde distinct de la réalité, détaché, et parfois si étranger qu’ils en déroutent mes desseins liminaires pour mener leur propre trace.
L’étrangeté d’images dont je suis pourtant l’auteur(e) tient sans doute à mon refus de cheminer avec méthode. Je préfère vaticiner entre le papier et la toile, les petits et les grands formats, les uns se glissant dans les autres, se heurtant par collages ou sollicitant une citation. Tous les chemins mènent ici au pittoresque – quelque en soit le genre ou la facture. Cet été fut celui de vagabondages sur cartes postales…
Le plaisir pris à faire de la peinture vient de la possibilité qu’elle m’offre de disposer autant d’une harmonie non-figurative de formes et de couleurs que des représentations d’êtres ou de choses.
Enfin un facteur essentiel pour moi est l’art de cuisiner avec diverses substances et alchimies. Je goûte le jus et la croûte, je fabrique le plus souvent mes couleurs avec de l’encaustique et des poudres de pigments (manière de retourner à la nature ?)
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